Et c’est parti pour une journée de visites.
Nous passons par les petites rues pour arriver au centre historique. Boukhara est une ville sainte pour les Ouzbeks. Située au carrefour de nombreuses routes caravanières, son histoire est assez mouvementée. A la fois centre culturel incontournable, elle a été aussi rasée par l’invasion de Gengis Khan et bien détériorée par les Bolchéviques. Elle a compté plus de 300 mosquées et madrasas. Il en existe encore 140 !!
En 2020, elle a été désignée, capitale de la culture islamique par l’Organisation Islamique de l’Education, de la Science et de la Culture.
Nous voilà donc devant le complexe de Poi Kalon qui veut dire « le pied du grand » en persan. Il comprend, donc le minaret haut de 46 mètres, relié au toit de la mosquée par un pont, la madrasa Mir i Arab, encore en activité et donc que nous ne pourrons visiter, et la madrasa Amin Alim Khan.
Achevée en 1514, la mosquée est l’une des plus vastes et des plus anciennes d’Asie Centrale. Sa façade finement décorée est de toute beauté et lorsque nous entrons, nous sommes impressionnés par la taille de la cour, grande comme un terrain de foot et qui pouvait accueillir jusqu’à 12 000 fidèles pour la prière du vendredi. En revanche, elle n’est pas en très bon état. Elle est actuellement en rénovation et de ce fait, nous ne pourrons pas passer par le pont qui la relie au minaret, afin d’y monter au sommet par ses 105 marches !!
En face de la mosquée, la madrasa Mir i Arab, est aussi en cours de rénovation, et son magnifique portail est quadrillé d’échafaudages. Nous entrons dans l’autre madrasa, colonisée par les petits marchands et une autre encore un peu plus loin. Elles sont vraiment en mauvais état et il va y avoir un sacré travail de rénovation !! Il est vrai que depuis que nous arpentons les rues de la ville, nous voyons, un peu partout des ouvriers qui travaillent en pleine chaleur et jusque tard dans la nuit, pour rendre à Boukhara, sa splendeur d’antan.
Nous nous éloignons du centre, en passant par l’un des jolis petits marchés de souvenir, recouverts du dômes pour aller admirer le Tchor Minor, la porte d’une ancienne madrasa, aujourd’hui détruite, ceinte de 4 minarets aux dômes turquoises, chacun décorées de motifs différents. Une petite pause dans le café d’en face, pour siroter un mojito (sans alcool) bien frais car, il fait vraiment très chaud.
Puis direction vers l’un des lieux les plus populaires de Boukhara, la place du Liab i Kaouz, qui signifie « au bord du bassin ». c’est une immense place où trône en son centre, comme son nom l’indique, un immense bassin entouré d’un kanqhaq, (un lieu de retraite et de rassemblement pour les soufis), et de deux madrasa. Autrefois, Boubhara avait de nombreux bassins, mais l’eau provenant des nappes souterraines, n’étant pas potable, les soviétiques les détruisirent par soucis d’hygiène, à l’exception de celui-ci, car il était intégré dans un complexe architectural. Entouré de muriers centenaires, c’est le lieu de rendez-vous des locaux et des touristes, venus se restaurer dans les restaurants alentours.
Il est temps d’aller faire une petite pause. Nous nous retrouvons en fin d’après-midi pour faire une partie de Skijo, avant de reprendre le chemin de la vieille ville, flâner auprès des boutiques de souvenirs, avant de trouver un très bon restaurant, à la déco bien orientale, avec une nourriture de qualité et un service parfait. Une petite glace sur le chemin du retour et nous finissons la soirée, comme la veille, sur la terrasse de notre guest house,à discuter en profitant de la fraicheur de la nuit.