En partant ce matin, nous découvrons que l’homme qui est venu hier au soir est tout simplement le gardien du site, qui ce matin, bien dégrisé, nous demande de l’argent, pour lui, pas pour le fait que ayons passé la nuit sur place. Denis refuse avec le sourire, tout se passe bien, et tout finit avec une poignée de mains.

Il fait un grand soleil, ce matin, mais le vent frais qui souffle est le bienvenu, car la région est vraiment désertique. Le site de Tamgaly, patrimoine mondial de l’Unesco n’affiche pas moins de 5000 pétroglyphes datant de l’âge de bronze, c’est dire du XIII-XIVe siècle avant JC jusqu’au XXè siècle. D’après les panneaux à l’entrée, il faut bien suivre les sentiers indiqués et ne pas s’en éloigner. La manière la plus simple pour décourager les plus aventureux,  est de bien expliquer que l’endroit est truffé de serpents venimeux, tels la vipère des steppes et d’halys, de tarentules, de karakurts ou veuves noire méditerranéennes, de scorpions. C’est sûr qu’ainsi, personne n’a trop envie de s’éloigner des sentiers battus !!! Nous entrons dans un canyon au fond duquel coule un minuscule ruisseau. Le long du chemin, des serpents et des araignées sont dessinés sur les pierres au cas où !!! Nous avons beau chercher avec le plan, nous ne trouvons pas le premier site, le deuxième est fermé et bâché. Il faudra attendre le troisième pour découvrir enfin les premiers pétroglyphes. Une multitude de dessins d’animaux sauvages, de scènes de chasse, une danse de guerriers avec leurs armes, des représentations d’homme- soleil. Nous découvrons aussi des cavaliers qui seraient des guerriers turcs. C’est vraiment incroyable de penser que nous sommes là devant des dessins dont certains datent de 3 500 ans !!! La nature devait être plus clémente à l’époque, pour leur permettre de vivre et leur donner l’envie de s’exprimer, de laisser une trace de leur quotidien aux générations futures. Nous découvrons les sites 4 et 5 toujours avec la même émotion. Beaucoup de pétroglyphes, sont assez effacés, car non protégés des intempéries, mais nous arrivons à les deviner. Le Site n° 6, très éloigné des autres, est a priori abandonné, car le chemin est non entretenu. Nous n’osons pas nous y aventurer car il faut marcher au milieu de hautes herbes. Nous allons donc en direction du N°7 éloigné aussi mais dont le chemin est tracé. Il nous faut marcher un long moment au milieu du désert. En route, nous trouvons des tombes de l’âge de bronze, dans lesquelles les morts étaient couchés en position fœtale tournés vers l’ouest. Des poteries et des bijoux y ont été retrouvés.

Le site n°7 étant lui aussi assez éloigné, petit à petit, le chemin est de moins entretenu et finalement le site semble abandonné. Nous y trouvons de magnifiques pétroglyphes que  peu de touristes viennent voir. Nous n’aurons pas trouvé les pétroglyphes du XXe siècle qui sont des ajouts de bergers khazakhs représentant des véhicules de l’ère soviétique !!!

Après cette bonne balade, nous retournons au Musée-Hôtel où nous avions dormi, voir la petite exposition qui s’y trouve, relatant la découverte du site, la naissance de ce parc et son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Une petite exposition de poteries et autres  trouvées dans les tombes…… En sortant, la personne de l’accueil, nous propose gentiment de dormir à nouveau dans la cour, mais nous n’avons envie, ni l’un, ni l’autre de passer une soirée avec le gardien !!!

Nous voilà repartis en fin d’après-midi, roulant au milieu de collines ondulantes aux chaudes couleurs du soleil rasant, donnant une impression de grande douceur, trompant ainsi la réalité de cette nature stérile.

A la tombée de la nuit, nous trouvons de nouveau un bivouac « seuls au monde »