Nuit tranquille.

Nous voilà repartis sur cette route militaire qui relie Tbilissi à Vladikavkaz en Russie. C’est un axe historique construit au XIXième siècle par les armées du tsar, après l’annexion de la Géorgie en 1801.

La route s’élève rapidement, au dessus de ravins vertigineux, au rythme des nombreux camions, des nids de poules énormes, des tunnels sans éclairage, des vaches qui cheminent tranquillement, pour nous amener à l’une des cinq stations de ski de Géorgie, Gudauri. Plus loin, avant le col de Djvari, apparait, à gauche, sur un promontoire face à un panorama époustouflant, le monument de l’amitié russo-géorgienne, construit en 1983 pour commémorer le 200ième anniversaire du traité de Géorgievsk. Ce traité sortait la Géorgie de la suzeraineté perse, pour devenir un protectorat russe. En forme d’arc de cercle, la structure est ornée de mosaïques représentant l’union des cavaliers russes et géorgiens, et la fraternité des peuples réunis autour du pain et du vin.  Passé le col, à 2 400 mètres d’altitude une particularité géologique s’offre à nous : une cascade d’eau ferrugineuse recouvrant le flanc de la montagne, d’une dégoulinante couche évoquant de la crème pralinée sur le gâteau d’un géant. Pendant quelques centaines de mètres d’autres petites sources illuminent la montagne de filigranes aux couleurs chaudes.

Nous continuons cette route qui s’enfonce dans un défilé entre des parois verticales, qui vous oblige à vous tordre le cou pour voir le ciel. Moi qui trouvais la vallée de Shatili oppressante, et bien là, je suis servie !!!

Nous nous arrêtons à trois kilomètres de la frontière géorgienne sur un parking au départ d’une petite rando pour aller voir deux cascades. Nous voilà entrain de nous dégourdir les jambes dans une bonne grimpette au milieu des genévriers odorants. 200 mètres de dénivelé, pour découvrir la plus grande des deux. Ca fait du bien, avant ces trois jours où nous n’aurons pas le temps pour la gaudriole.