Ce matin, le lac est de toute beauté, d’un bleu turquoise intense, étrangement « déshumanisé » car pas un bateau, pas une voile, rien, comme si il nous autorisait à l’approcher, mais restait inaccessible.

Cette beauté, ce calme, me transpercent d’une évidence. Je voudrais rester au milieu de mère nature, marcher, observer les animaux, les fleurs, rouler sur les pistes. Nous avons visité tant de sites, appris tant de choses, admirer l’œuvre humaine depuis l’aube des civilisations, que je m’aperçois que j’ai besoin de temps pour « digérer ».

J’en parle à Denis. Peut-être, ressent-il un peu la même chose. La décision est vite prise, on abandonne le tour du lac et ses vestiges, on va au Nemrut Krater. Ensuite, le parcours qu’il prévoit est d’aller en direction du mont Ararat et de remonter vers la Géorgie par les petites routes et les pistes. Nous frôlerons la frontière iranienne, mais malgré ça, j’avoue que je suis soulagée de sa décision.

Du coup, nous avons pas mal trainé. Restons-nous ici aujourd’hui ?? Le vent qui se lève, les petites mouches qui piquent, et le fait que la plage soit inaccessible, car privée, nous aident à prendre notre décision.

Le Nemrut Krater vers lequel nous nous dirigeons est une caldeira de 10 kms de large, l’une des plus grandes au monde. Au fond de celle-ci, se trouvent 5 lacs, deux permanents et trois saisonniers. Le plus grand est en forme de lune. Les ours y sont légion, donc prudence.

Nous avons énormément de mal à en trouvé l’accès. Tout d’abord, le GPS, nous emmène sur une route qui deviendra inaccessible, même pour nous !! Demi-tour pour accéder par une autre route, mais l’embranchement est caché par des travaux. A force de tournicoter dans le coin, nous finissons par le trouver. Ca grimpe sec jusqu’à 2 600 mètres d’altitude. Puis nous descendons dans la caldeira, mais il est trop tard, et le soleil passe déjà derrière la paroi du cratère.

Notre bivouac, sera sur une aire de camping libre, avec une sorte de bat-taudis, je ne trouve pas d’autre mot, au bord du plus petit lac. En effet, la berge accessible du plus grand, ressemble plus à une décharge !! Les grandes poubelles en métal sont renversées et bien étalées, ce qui est probablement l’œuvre des ours.

Par politesse, nous allons boire un çay, et nous retrouvons trois autres personnes avec qui nous échangeons comme nous pouvons, car ils parlent anglais, encore moins bien que nous, et pas de réseau pour google traduction !! Cependant, nous finirons par apprendre des danses kurdes et ce sera un bon moment de rigolade !!

Par prudence, et pour la première fois, nous décidons de ne pas lever le toit pour dormir. Quand, on sait qu’un ours brun debout fait entre 1,50 m et 3,50 m, nous avons un peu peur d’un coup de griffe qui pourrait abimer la toile. En effet, ils n’hésitent pas à approcher des voitures et leur odorat est 2 000 fois plus développé que celui de l’être humain, et évidemment, nous avons cuisiné pour notre repas de ce soir !! Nous sommes peut-être un peu peureux !!!

Notre première expérience de dormir en bas, nous confirme que ça ressemble à dormir dans une tente de rando, au niveau dimensions, mais en plus confortable !!