5 heures du matin, nous voilà debout et 5h15, nous quittons l’aire de camping pour aller découvrir LE phénomène. Arrivés sur place, bien sûr nous sommes seuls, et le soleil commence à faire du saute mouton par-dessus la montagne en face. Nous sommes arrivés pile poil à la bonne heure. Normalement, le son que nous devrions entendre ressemble au son grave d’un orgue, ou moins poétiquement au bruit de moteur d’avion, dû au frottement des grains de sable entre eux. Le vent souffle, mais bizarrement, la dune est silencieuse ou peut-être aphone. Un fait étrange, cette vieille dame âgée de plusieurs millénaires, ne se déplace pas dans la vallée !!!
Nous nous attaquons à la montée de ses 150 mètres. Ce n’est pas facile, facile !!! Et…..toujours rien, pas le moindre petit chuchotement, pourtant le vent fait ce qu’il peut !!! Après avoir admiré la vue et parcouru une partie de son sommet, une petite partie seulement, car elle est longue de 3 kilomètres tout de même, nous allons redescendre prendre notre petit déjeuner en attendant qu’elle se réveille !!! Que nenni…. Ah si soudain, un bruit de moteur d’avion…..celui qui traverse le ciel !!!!! Bon, nous aurons eu l’avantage d’avoir pu profiter du paysage et de la tranquillité, et ce, juste à temps, car à peine nous partons, que les touristes arrivent. Nous avons vraiment eu du nez sur ce coup là !!!
Eh bien maintenant, nous faisons un petit détour pour aller voir une source aux vertus miraculeuse, mais… elle est tarie, pas la moindre petite goutte d’eau !!!
Ce n’est pas grave, nous allons découvrir, seules au milieu de la steppe, les stèles d’Ohashaktas qui seraient l’entrée d’un tumulus scythe, peuple vivant entre le VIIe siècle et le IIIe siècle avant JC. On dirait un petit air de Bretagne au milieu de nulle part !!!
Et c’est reparti, maintenant, pour aller nous perdre dans une forêt pour trouver un saule remarquable vieux de 700 ans. Il y a bien une forêt, en fin un petit bois, et le vieux saule, au tronc bien biscornu aux airs de légende !!! la forêt est fort sympathique et procure une ombre bien appréciable qu’il ne faut pas dédaigner dans cette nature aride.
Et c’est encore reparti, cette fois pour aller admirer les montagnes colorées sur deux sites différents. Et c’est 50 kilomètres de pistes en tôle ondulée, mais de la vraie, avec des creux biens profonds, qui vous ébranlent la voiture, à vous faire croire que tout va se démantibuler et tomber sur place, et je ne vous dis pas le bruit !!! Pour ressentir le moins possible les secousses, il faut rouler à une certaine vitesse. Alors que je venais de dire à Denis « ce n’est pas possible, il va y avoir de la casse », c’est la sangle qui tient la roue de secours (décidément !!!) et la table qui cède. Alors que nous sommes garés sur le côté pour la réparer, la plupart des voitures s’arrêtent pour voir si nous avons besoin d’aide, ou au moins ralentissent. Soudain une espèce de kéké, avec un gros 4X4, nous frôle de si près qu’il cogne et retourne le rétro côté conducteur et continue son chemin sans même ralentir, alors que ça a fait un sacré bruit !!! Quel crétin !!! Ce n’est pas grave, mais ça énerve !!!
Nous reprenons la route, cette fois à très petite vitesse, pour gagner le premier site, les montagnes kakutau , formées à partir de lave solidifiée de deux grands et anciens volcans. Nous y découvrons des roches aux belles couleurs allant du blanc au rouge,et surtout une formation rocheuse ressemblant à une véritable sculpture tout en rondeur à la belle couleur brique.
Nous reprenons cette piste infernale pendant encore 30 kilomètres pour finir la journée auprès de la montagne Aktaou, le clou de la journée. Et nous ne sommes vraiment pas déçus. Les montagnes aux strates de couleurs, blanches, rouges, ocres, vert et même quelques nuances de bleu. Nous nous baladons au milieu d’un paysage martien, au soleil rasant qui en révèle toute la splendeur.
Là, nous allons avoir encore un bivouac de rêve, une fois que toutes les voitures seront parties. Et c’est le cas, nous avons même un petit lièvre facétieux qui vient nous rendre visite plusieurs fois. Mais, je crois que nous sommes surtout installés sur son territoire !!!