5h30 du matin, nous voilà enfin devant le terminal d’aéroport, après avoir bien tourné car notre GPS, nous a conduit dans un endroit complètement improbable, et surtout aucun panneau indicateur. Une foule est massée devant l’entrée, nous nous faufilons, et sommes arrêtés par un policier. Interdiction d’entrer !! Bon, à travers les vitres nous apercevons Daniel et Conception, et voilà enfin les retrouvailles tant attendues.

Nous partons directement en direction de Samarkand. Nous avons pris cette option, car en deux semaines, nous avons beaucoup de choses à voir, et rouler dans la fraîcheur du matin est aussi un sacré atout. Une pause petit déjeuner attendue de tous. La qualité des routes ousbeks met à mal la Bach’Mobile et nous sommes autant secoués que des bouteilles d’oranginas. Malgré tout, certains passagers arrivent à dormir, je ne citerais pas de noms !! Denis, lui, ne risque pas de s’endormir, ça c’est sûr !!

Nous arrivons dans notre guesthouse vers midi. C’est un endroit paisible avec son patio. La propriétaire est très agréable et trouve une solution pour garer la Bach’Mobile en sécurité, car elle est trop haute pour passer le portail. Nous prenons un taxi pour nous rendre au restaurant qu’elle nous a indiqué. Un superbe établissement où nous commandons beaucoup trop à manger, bien que nous soyons tous affamés. Nous saurons pour la prochaine fois !!! Après un petit passage à la banque pour Conception et Daniel, nous sommes tous heureux de retrouver notre chambre et aller faire une bonne sieste !!

A 19 heures, nous partons à pied en direction de la place du Registan, qui veut dire place de sable. Pourquoi ? Parce que c’était l’endroit où l’on exécutait les condamnés en leur coupant la tête et qui était ensuite recouvert de sable pour pomper le sang. Revenons à des choses plus gaies. Nous voilà prêts à découvrir cette étape clé de la route de soie, carrefour des routes de la Chine, de l’Inde et de la Perse. Entre le VIe et le XIIIe, c’était une cité plus peuplée qu’aujourd’hui, jusqu’à ce que Gengis Khan la détruise. C’est au XIVe siècle, que Tamerlan décide d’en faire sa capitale et fit reconstruire une cité mythique, épicentre culturel et économique de l’Asie Centrale. Après une série de tremblements de terre, la ville fut abandonnée et ce sont les Russes qui la ressuscitèrent à partir de la fin du XIXe siècle.

Oups, une petite erreur d'aiguillage et nous nous retrouvons devant l'imposante et magnifique mosquée de Bibikanum qui déjà nous ébahit avec ses murs aux dessins géométriques et son dôme bleu. Nous rendant compte de notre erreur, demi-tour, et quelques centaines de mètres plus loin, c’est le choc, l’émerveillement, devant cette place entourée de trois madrasa, écoles coraniques, coiffés aussi de dômes bleus et recouverts de céramiques azures, la carte postale de Samarkand. Comment ne pas rester interloqués devant un tel spectacle, d’autant plus que nous arrivons juste au moment d’un son et lumières. Pour moi, ce sera séquence émotion, car depuis tant d’années je rêve de voir ce bijou oriental, et me voilà submergée par un flot de larmes. Réaliser un rêve, c’est arriver à un aboutissement, un accomplissement qui vous libère d’une quête.  Qui en même temps vous remplit et laisse une place libre en vous.

Il est difficile de s’arracher à cette contemplation. Nous finirons la soirée devant une bonne bière pour fêter nos retrouvailles.