Ce matin, ce sera la visite de Gour Emir, le mausolée de Tamerlan le conquérant, qui fit trembler le monde, lorsqu’il écumait l’Asie de la Chine à la porte de l’Europe. Considéré comme un héros national en Ousbékistan, il avait pour habitude, lors de ses conquêtes, d’épargner les savants, les architectes, les astronomes et les artistes des villes soumises. Il les envoyait à Samarcande pour exercer leur art. Ce qui explique la richesse et la beauté des monuments de la ville.
Malgré toute l’immensité de son pouvoir, Tamerlan, ne voulait pour lui qu’une tombe des plus modeste faite d’une pierre avec son nom dessus. Cependant, son petit fils, Ulug Begh, mourut en 1403, et Tamerlan, inconsolable, il lui fit construire un gigantesque mausolée, qui finalement devint le sien deux années plus tard.
Tout de suite, nous remarquons qu’il y a énormément de monde venu admirer ce mausolée, dont la porte monumentale aux mosaïques à dominante bleue est de toute beauté, sans parler de son dôme turquoise aux 64 cannelures (l’âge du Prophète) qui coiffe la salle des tombeaux de ses 32 mètres de haut. Et que dire de cette salle aux murs d’onyx avec ses inscriptions coraniques or et bleu. La pierre tombale noire de Tamerlan sur son socle de jade attire évidemment tous les regards, au milieu de celles de ses descendants, dont le fameux Ulugh begh. La coupole décorée de motifs géométriques d’or sur fond bleu est remarquable.
L’architecture de ce mausolée du XIVe siècle aurait inspiré l’édification du Taj Mahal ainsi que la mosquée de Saint-Pétersbourg.
Nous continuons notre petit rituel journalier : visite le matin, petit pause restaurant à midi, retour à la guest house pendant les heures plus chaudes, visite en fin d’après-midi, et restaurant le soir. De vraies vacances pour Conception et moi, car pas besoin de penser à faire les courses, juste mettre les pieds sous la table. J’avoue que depuis qu’il fait ces chaleurs intenses, nous avons vraiment abandonné notre style de vie de baroudeurs, pour une version luxe.
Sur les conseils du propriétaire de notre guest house, nous prenons le taxi pour aller voir « la cité éternelle » que ce dernier, nous a présenté avec beaucoup de fierté. Ce complexe touristique se trouve dans la partie russe de la ville, très moderne. C’est la reconstitution d’un village médiéval à l’époque de la route de la soie, dans lequel on entre en traversant un pont qui semble relier le futur et le passé. La première impression est d’entrer dans un conte de fée oriental, grandeur nature. Les architectes se seraient basés sur des livres anciens pour rester au plus proche de la vérité historique.
Nous avons dîné dans un des restaurants de la cité. Nous y avons goûté un vin ousbekh, qui nous a permis de vivre un petit moment attendrissant, car la serveuse n’avait jamais ouvert une bouteille de vin de sa vie, et nous a demandé de lui apprendre !!
Si nous notre part d’enfant a été éblouie, celle d’adulte a trouvé ce complexe un peu artificiel, une petite impression de DysneyLand. Alors, il est bon parfois de rester des enfants pour avoir des étoiles plein les yeux.