Il nous faut bien quitter notre cocon. Nous avons profité jusqu’à midi, heure limite du départ, de la fraicheur de notre chambre.

Deux missions aujourd’hui : trouver un filtre à air,  et passer la frontière ce soir, pour éviter d’attendre en pleine chaleur des heures durant.

 La traversée de la ville est incroyablement moderne et « locale » à la fois, avec ses espaces verts fleuris, ses statues, ses immeubles à l’architecture orientale. Il doit bien sûr y avoir des quartiers bien moins rutilants que cette direction nous épargne, nous  sommes éblouis mais pas complètement dupes !!!

Nous retrouvons un paysage de cultures, et même des cultures de maïs qui demandent tant d’eau.

Shymkent est une ville immense, et il nous faudra nous détourner de nombreux kilomètres pour trouver ce fameux filtre à air, chez le concessionnaire Toyota. Nous ne pouvons pas être gagnants toutes les fois….il coûte trois fois le prix en France.

Une bonne pause déjeuner, car nous savons que la nuit risque d’être longue.

Le paysage change encore, avec des reliefs enfin, aux chaudes couleurs révélées et adoucies par le coucher du soleil.

Nous voilà enfin à quelques kilomètres de la frontière et bizarrement, nous sommes plutôt seuls sur la route. Et pour cause, la frontière est fermée !!! Nous voyant désemparés, le chauffeur d’un mini-bus, nous propose de le suivre en direction d’un autre poste frontière. Eh bien heureusement, car pas un panneau ne l’indique. Nous le suivons pendant 25 kilomètres, dont une partie sur une toute petite route. Il fait vraiment attention de ne pas nous semer, se garant, chaque fois qu’une voiture s’intercale entre nous. C’était vraiment très gentil de sa part.

Il n’y a pas trop de voitures mais énormément de personnes à pieds. Nous voilà de nouveau séparés. Je me retrouve dans une salle sans climatisation. Nous sommes tous agglutinés les uns sur les autres. C’est la foire d’empoigne, tout le monde essaye de se passer devant, et il faut vraiment s’imposer. J’avoue qu’au bout d’un moment la colère commence à monter, et que je me prends de bec avec mes voisins. Me voilà sortie du Kazakhstan. Une longue traversée entre des grillages. J’aperçois la Bach’Mobile, mais pas de Denis dedans. Je l’appelle, pas de réponse. La douane ousbekh est bien mieux organisée. En un quart d’heure c’est fait, me voilà en Ousbékistan. En revanche pas une salle, où je peux attendre Denis. Me voilà donc dehors, à minuit, dans la foule au milieu d’une sorte de souk. Un terme à la mode « sortir de sa zone de confort », eh bien là, c’est bon, et j’en suis sacrément loin. Toujours pas de nouvelles de Denis. J’appelle Conception et Daniel, pour leur dire que je suis en Ouzbékistan, mais aussi, parce que je crois que j’ai besoin de parler, de me raccrocher à une branche. J’ai choisis de ne pas appeler mes enfants, qui, je les connais, ce serait fait du souci.

Pendant ma conversation, enfin un appel de Denis, qui m’annonce entre 4 et 5 heures d’attente. Bon, il va falloir trouver un coin pour m’assoir. Je repaire une échoppe qui fait à manger et surtout où il y a des chaises. Mais, il me faut des sums, l’argent local. Me voilà en train de négocier un billet kasakh, vers un des nombreux changeurs de rue. Heureusement, je me suis renseignée avant. Pour mes 10000 tengués, il me propose 150 000 sums alors que le change était à 237 000. Je finirais avec 230 000. Voilà, j’ai ce qu’il me faut pour acheter une sorte de hot dog et une bouteille d’eau et surtout avoir accès à une chaise !! Bon, je n’ai pas grevé le budget, un hot-dog et une bouteille d’eau d’un litre …..80 cts.

Finalement, j’attendrais 4 heures. Denis quant à lui, a subi une fouille expresse de la voiture, et le plus long aura été le côté administratif, avec toujours le même problème, l’irrespect dans les files d’attente.

Heureux de nous retrouver, il faut maintenant nous occuper de l’assurance pour la voiture. Tout çà, nous amène à plus de 5 heures du matin. Nous sommes lessivés. Nous trouvons un endroit au calme, pour nous allonger un peu, sans lever le toit, un sur la banquette et l’autre parterre et c‘est la chaleur qui nous réveillera à 8 heures. Ah, les nuits blanches, ne sont plus de notre âge !!! Nous cherchons un hôtel, plutôt vers l’aéroport, car Conception et Daniel arrivent vers 5 heures du matin vendredi. Il nous faudra traverser Tashkent, sûrement pas à la meilleure heure.

Il est un peu trop tôt pour entrer dans la chambre, mais le réceptionniste nous fera une fleur. Une immense douche, des appels téléphoniques pour rassurer tout le monde, et nous allons manger dans le restaurant le plus proche. C’est un restaurant coréen. Ca tombe bien, nous ne connaissons pas la cuisine coréenne !! Et le comble du bonheur, nous pourrons boire une bière !! le repas est délicieux.

De retour à la chambre, nous nous couchons et nous endormons comme des masses, jusqu’à……….