Et c'est parti pour une journée marathon. Bien chaussés, bien habillés, car il y a toujours ce vent glacial, et ce matin, le temps est encore brouillé.
Commençons par l'incontournable et majestueuse Cathédrale de Notre Dame de l'Assomption avec sa façade gothique finiment ciselée, en marbre polychrome blanc, rose et vert. lorsqu'on la découvre, wahou..... ça vous coupe le souffle!!! A l'intérieur, c'est une profusion de détails ornementaux, entre une sorte de géométrie des murs et piliers en marbre alternant le noir et le blanc. Mais ce qui retient immédiatement l'attention, c'est le sol pavé de 56 panneaux de scènes bibliques ou profanes, et de nombreuses sibylles (un p'tit clin d'oeil à notre petite fille du même nom!!), exécutés par une quarantaine d'artistes entre le XIVième et XVième siècle. Depuis l'intérieur, nous avons accès à la Libreria Piccolomini, bibliothèque du cardinal du même nom. Nous pouvons y admirer de magnifiques psautiers richement enluminés. Mais ce qui attire l'oeil, c'est le plafond qui irradie la pièce par ses dorures et ses couleurs. Au centre, 3 Grâces dominent la salle.
Ce n'est qu'un très très bref aperçu de cet incroyable monument!!! Vous devriez venir le découvrir !!!
Alors continuons, par la visite du Baptistère Saint Jean. Contrairement à celui de Pise, celui-ci est très confidentiel et richement décoré. Les fonts baptismaux du XVième siècle, décorés de panneaux de bronze délicatement ciselés (dont un, exécuté par Donatello, qui n'est pas qu'une tortue ninja!!!!) sont surmontés par Saint Jean Baptiste bien évidement.
Puis nous irons dans la crypte, (découverte en 1999) qui ne nous a pas vraiment impressionnés. Seule une belle fresque subsiste, la Déposition de la Croix. Le charme est rompu par les étais qui soutiennent la voute.
Puis ce sera la visite de du musée dell'Opera del Duomo qui conserve les oeuvres des artistes qui travaillèrent à l'intérieur de la cathédrale. De là, nous montons au sommet du Facciatone, la façade inachevée du projet d'une nouvelle cathédrale car, à l'apogée de la ville, la cathédrale existante devenait trop petite. Ce projet fut stoppé par la peste de 1348. Nous y avons un panorama unique sur la ville et la campagne avoisinante.
Toutes ces visites nous ont affamé, aussi une bonne pizza et un café nous redonnent l'énergie de continuer.
Et c'est reparti. Pas question de venir à Sienne sans aller voir la basilique Catheriniana di Dominico, élevée dans le quartier de naissance de sainte Catherine, patronne de Sienne.
Il est interdit de photographier l'intérieur de la basilique et pour cause, nous nous retrouvons nez à nez avec les reliques de sainte Catherine, qui sont tout simplement sa tête, bien conservée pour ces six cents ans, et son pouce.
On se remet de notre émotion, et c'est reparti pour une autre et dernière basilique, la basilique Saint François de Sienne, qui est le bâtiment religieux le plus imposant de la ville. D'une étrange sobriété, qui nous permet de nous recentrer sur l'essentiel et dont il émane une incroyable paix. En forme de croix égyptienne, elle n'a ni choeur, ni abside, mais une chapelle centrale plus large encadrée par plusieurs chapelles du transept.
Comment ne pas évoquer le Miracle eucharistique! Le 14 aout 1730 , des voleurs s'emparèrent du ciboire contenant 351 hosties. Trois jours après on les retrouvait dans le tronc d'une autre église, intactes, bien que mélées à la poussière contenue au fond du tronc. On ramena les hosties à la basilique, mais par question d'hygiène elles ne furent pas distribuées. Les années passèrent, et elles n'étaient toujours pas dégradées. Une expérience fut faite. On mit ces hosties et d'autres hosties non consacrées dans les mêmes conditions et dix années plus tard, on ouvrit les deux récipients. Vous devinez la suite. Après d'autres expériences et de nombreuses analyses, le phénomène reste inexplicable. On peut donc toujours les adorer aujourd'hui, dans une des chapelles de l'église, où je ne me sens pas "autorisée" à photographier le ciboire tant la ferveur religieuse des personnes qui prient impose naturellement le respect.
Nous finirons notre "marathon" en retournant tranquillement vers la Piazza del Campo. Et nous y ferons les bons touristes en buvant un spritz dans un café de la place.
Cette dernière, incurvée comme une coquille, est entourée du Palazzo Publico collé à la Torre del Mangia et de magnifiques bâtiments. Les neufs bandes du pavage en pente douce (du XIVième siècle) converge vers le Palazzo. Elles correspondent au Gouvernement des Neuf. Ce gouvernement a fonctionné de 1287 à 1355. Son but était de donner le pouvoir du peuple pour le peuple. Chacun pouvait déposer sa candidature. Une fois que celle-ci était validée, il était procédé au tirage au sort et neuf personnes étaient désignées. Ces dernières vivaient recluses pendant deux mois dans le Palazzo Publico afin de se consacrer corps et biens, à sa charge. La peste noire de 1348 et les difficultés qui en découlèrent signa la fin de ce gouvernement.
Revenons à notre place, où l'on peut aussi admirer l'adorable "Fontaine Joyeuse" qui alimente Sienne en eau depuis 1346.
Et n'oublions pas, deux fois par an depuis 1650, le 2 Juillet et le 16 Août, la Piazza del Campo accueille le fameux Palio, une course de chevaux où concourt chacun des 17 contrade ou quartier de Sienne. C'est l'occasion d'une immense fête.
Un dernier petit mot sur la louve allaitant deux enfants que l'on voit un peu partout. Selon la légende, elle est la représentation mythologique de la fondation de la ville de Sienne par les fils de Remus (Senius et Aschius), assassiné par son frère Romulus au moment de la fondation de Rome.
Eh bien voilà une journée bien remplie. Nous avons aimé Sienne, cette ville du XIIIième siècle, à la fois austère et chaleureuse, qui malgré un monde incroyable, permet de passer quelques heures hors du temps.