Et c’est parti pour la visite de la ville. Nous retournons visiter la grande mosquée, car j’ai pensé à emmener mon foulard. En tant que femme, je peux entrer dans la salle des hommes, car ce n’est pas le moment de la prière. Elle est vraiment très sobre Des personnes prient, une autre dort, une autre tranquillement allongée, téléphone. C’est assez surprenant !! Construite entre 1091 et 1097, elle est considérée comme une des plus anciennes d’Anatolie. Elle a été édifiée avec des blocs de basalte locaux et des matériaux récupérés de bâtiments grecs, que l’on reconnait facilement à ses colonnes avec des chapiteaux corinthiens
Ensuite, nous choisissons de nous balader dans le bazar couvert. Personnes ne tente de nous attirer dans son échoppe, c’est assez agréable. Bizarrement, lorsque nous passons près des marchands d’épices, il n’y a pas vraiment d’odeur.
Ensuite, ce sera la visite de l’église chrétienne arménienne, enchâssée entre des bâtiments, mais dont l’intérieur est magnifique. Nous continuons par une église arménienne, eh oui encore, mais orthodoxe cette fois-ci. Pourquoi deux églises arméniennes à Dyarbakir ?? Avant le génocide arménien de 1915, que la Turquie ne reconnait toujours pas, la communauté arménienne s’élevait à 60 000 âmes et la ville comptait treize églises
Après cette matinée « religieuse », nous nous dirigeons vers un ancien caravansérail du 16ième siècle. Sur le chemin, nous passons devant un minaret, posé en plein milieu de la rue !!
En entrant dans la cour du caravansérail, où à l’époque les caravanes faisaient halte pour se reposer, se restaurer et commercer, nous retrouvons un lieu de rencontre, avec ses restaurants et ses boutiques. Il est remarquablement bien conservé, avec ses murs construits en couches alternées de basalte et de calcaire clair. Les escaliers qui mènent au premier étage sont terriblement raides et usés par le temps. Nous nous laissons tentés par la découverte du kahvalti, le petit déjeuner turc, servi à toute heure de la journée. Et nous ne serons pas déçus, nous n’avons jamais vu ça de notre vie : une table remplie de différents mets salés et sucrés. Nous comprenons pourquoi, la personne qui nous a accueillis, nous a demandé si nous avions très faim !!! Et bien sûr, thé à volonté.
Plus que repus, nous repartons tout doucement, visiter le musée archéologique, qui se trouve dans l’enceinte du château. Il ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Il faut dire que nous avons visité un certain nombre de musées de grande qualité et que nous devons devenir un peu difficiles !! Une petite pièce est consacrée à Mustafa Khemal Ataturk. Héros national turc en s’illustrant dans la victoire de la bataille des Dardanelles, il devient en 1923 le premier Président de la République de Turquie jusqu’à sa mort en 1938. Il occidentalise le pays en inscrivant la laïcité dans la constitution, supprime l’islam en tant que religion officielle, interdit la polygamie, donne le droit de vote aux femmes et remplace l’alphabet arabe par l’alphabet latin. En revanche, sa volonté de vouloir assimiler les kurdes aux turcs mènera à la rébellion.
En retournant à la Bach’Mobile récupérer un peu, nous passons dans un quartier vraiment ravagé. Mais nous ne savons pas si c’est dû au violent tremblement de terre de 2023, ou à la terrible répression turque, que la ville a subit entre 2015 et 2016.
A la tombée de la nuit, en repartant nous balader, nous assistons au spectacle charmant d’un manège « manuel » qui fait la joie des tous petits. Denis craque de nouveau pour une séance chez le barbier. Décidemment, il y prend goût !! Ensuite nous tombons sur un lieu inattendu… une cave à vin. Nouveau craquage, nous dégustons un verre de vin syriac. Un goût particulier qui ferait presque penser à un vin chaud…mais froid. Encore une journée riche de découvertes !!