La nuit a été ventée, et ce matin c’est pire. Prendre le petit déjeuner dehors est assez rock’n’roll !!
Nous partons en direction du Caucase pour aller randonner au calme, après notre vie citadine. Nous ne manquons pas la visite au Mémorial des Chroniques de Géorgie, visible depuis notre bivouac.
Nous arrivons au pied d’un immense escalier et découvrons ébahis, cet ensemble monumental de 16 colonnes de bronze de 35 mètres de haut, disposées en forme de croix. Leur partie basse évoque des scènes bibliques qui montrent combien les Géorgiens sont attachés à leur foi. La partie du milieu dépeint des personnalités, rois, reines, ecclésiastiques, chefs militaires qui ont tous luttés pour la prospérité du pays. Et enfin la partie haute, les moments marquants de l’histoire de ce tout petit pays, qui est resté debout et a gardé fièrement son identité. Impossible d’échapper à l’émotion qui vous cisaille devant la puissante évocation de l’âme géorgienne. Depuis une esplanade, nous avons une très belle vue sur le lac, puisque nous sommes sur le Mont Keeni, dominant la vallée de 120 mètres.
Cette œuvre monumentale a été exécutée par le sculpteur le plus célèbre de Géorgie Zurab Tsereteli à partir de 1985, et ne serait pas complètement achevée par manque de fonds suite à la dissolution de l’URSS. Honnêtement, nous n’avons rien vu !!!
Pour reprendre notre direction, nous sommes malheureusement contraints de traverser une partie de la ville avec ses conducteurs fous et ses bouchons !!
Au bout de quelques kilomètres, nous nous arrêtons dans la petite ville de Mtskheta (amusez-vous à le prononcer …. Personnellement, j’ai renoncé) pour visiter la deuxième plus grande cathédrale de Géorgie, la Cathédrale de Svétitskhovéli (qui veut dire Pilier qui donne la vie). Etonnement, ceinte de remparts, elle se dresse, majestueuse, dans son habit d’ocre.
Une légende ou l’histoire, je ne sais pas, la concernant, en fait un lieu de pèlerinage important. Je ne vais pas résister à la raconter.
Elias, un juif de la ville assista à la crucifixion du Christ. Il réussi à obtenir sa dernière tunique et la ramena avec lui. Il la présenta à sa soeur Sidonie. Elle serra la tunique sacrée contre elle, et fut saisie d’une telle émotion, qu’elle mourut sur le champ. Personne ne put arracher le précieux trésor de ses mains. Elle fut donc enterrée avec. Sur sa tombe poussa un cèdre miraculeux sous lequel coulait un liquide curatif. Au IVième siècle, une église (en bois) fut édifiée sur la tombe de Sidonie et le pilier principal de l’église fut taillé dans le cèdre miraculeux.
La cathédrale actuelle date du XIième siècle. Il reste quelques bouts de fresques d’origine, mais la plupart semblent récentes, ce qui n’enlève rien à la beauté du lieu. La fameuse sainte tunique du Christ se trouverait dans la nef centrale sous un pilier décoré, facilement repérable par la dévotion qu’il suscite.
En sortant de la visite, nous craquons pour….. une glace au vin !! Nous n’avions pas encore goûté de glace géorgienne !!! Elle est d’une couleur incroyable, n’a pas vraiment goût de vin, mais a une belle texture. Nous l’apprécions bien par cette chaleur.
Alors que nous roulons tranquillement, une sirène de police, type série américaine, nous fait assez vite comprendre qu’il serait plutôt judicieux de s’arrêter. Denis réalise tout de suite pourquoi….il n’a pas sa ceinture !!! Pas manqué, le policier lui explique que le port de la ceinture est obligatoire et stupeur…lui demande son passeport. Aie !!! Nous n’avons plus nos passeports puisqu’ils sont avec notre demande de visa. Nous essayons de le lui expliquer, mais il s’entête. Denis lui présente sa carte d’identité, mais non, il veut son passeport. De guerre lasse, je sors la photocopie du passeport sans grand espoir, et ça a l’air de lui suffire. Il repart à sa voiture et revient avec un papier écrit en Géorgien avec le nom de Denis et un numéro, et nous dit qu’il faudra payer avec ce numéro et s’en va !!! Nous restons un abasourdis et perdus avec ce papier dans les mains. Tout de suite, nous essayons de le traduire, mais aucune indication pour savoir où et comment payer. Après des recherches sur internet, nous pouvons payer en ligne ou directement au tribunal du comté. Nous essayons par internet, mais lorsque nous entrons toutes les coordonnées demandées, il n’y a pas d’infraction. Nous verrons plus tard.
Cependant, une question se pose : comment a-t-il vu que Denis n’avait pas sa ceinture, puisqu’il roulait derrière nous ??? Nous ne saurons jamais !!
Ce soir, nous finirons par hasard, dans une sorte camping pour les personnes qui font du rafting, pas encore ouvert. Mais pour la somme de trois euros, nous pourrons dormir, profiter de la douche et des WC. C’est très sommaire, mais nous avons ce qu’il nous faut !!