Nous regardons sur internet, toujours pas d’infraction. Nous décidons de continuer notre route vers Shatili, à la frontière russe ou plus exactement Tchéthène. Décidemment, nous avons mille misères pour avoir nos visas, et nous allons encore une fois flirter avec cette frontière !!!
Nous prenons une piste plutôt large, qui monte régulièrement, et le paysage est magnifique. Les verts sont d'une intensité irréelle. Un versant est nu, tandis que l'autre est recouvert de sombres forêts. Au loin, nous apercevons des sommets encore enneigés. Cette montée nous ravit.
Après le passage du col à 2 700 mètres, nous redescendons dans la vallée taillée d’un coup de hache, entre deux parois abruptes. C’est assez oppressant. Vivement l’arrivée au village de Shatili, pour respirer. Eh bien, c’est un peu la déception. Malgré, la beauté du village médiéval, sa situation est très encaissée et offre un panorama réduit. J’avoue que c’est le genre d’endroit où, je ne suis pas forcément à l’aise.
Nous continuons deux kilomètres plus loin, pour découvrir la nécropole d’Anatori et son histoire qui vous enserre le cœur. En 1850, la peste frappe la vallée et notamment le petit village d’Anatori, aujourd’hui détruit. Plutôt que de contaminer leurs proches, les malades décidèrent de s’isoler pour mourir. Des caveaux sans portes ont été construits loin du village. Les malades entraient par le toit qui était scellé ensuite. Ils attendaient ensemble la mort sur des bancs de pierres. Les caveaux sont toujours debout et par les fenêtres grillagées, on aperçoit un tas d’ossements. C’est intense à vous donner des frissons, et se sentir tout petit face à un tel courage.
Il nous faut un moment pour "digérer" ce que nous venons de voir.
Nous garons la Bach’Mobile, pour notre bivouac de ce soir, en dehors du village et allons à pieds, à l’immense office du tourisme, assez incongru, ici. Nous sommes accueillis assez froidement, et n’arrivons pas à avoir de renseignements sur les randonnées qui se font dans le coin. La seule chose que la personne trouve à faire, c’est de nous balancer une carte du coin en disant qu’elle ne comprend pas ma demande.Ca me met tellement dans le doute sur la qualité de mon anglais, que je vérifie sur google traduction, ce que je lui ai dit. Et apparemment ma demande était très claire.
Bon, et bien allons visiter le village de maison-tours au toit plat. Celui-ci parait tout d’abord abandonné, envahi par les orties, mais, non, nous voyons des signes de vie, puis un bar, un hôtel. Mais pas de touristes. La saison n’a sûrement pas commencé. Nous nous enfonçons dans ces étroits passages, passons sous des ponts qui relient les maisons entre elles. L’atmosphère est sombre, les ouvertures des maisons, minuscules. Arrivés en haut du village, nous avons une vue sur toute la vallée. Il faut s'imaginer les mois d'hiver ici, coupés du reste du monde par la neige!!! En effet, une dizaine de famille y réside toute l'année !! C’est vraiment un endroit unique, qui ne peut laisser indifférent dans un sens ou dans l’autre, mais de toutes façons qui vous prend les tripes. Soit il vous charme, soit il vous inquiète.
Ce soir, nous serons bercés par le courant étonnamment fort du torrent, étant donné que ce fond de vallée est vraiment plat.