Une bonne nuit de sommeil nous a fait vraiment du bien.
Pendant que j’écris, Denis s’occupe de la poursuite de notre voyage. Mais un problème se pose. Sur les quatre frontières qui nous permettent de passer du Khazakhstan en Ousbekistan, trois sont fermées, ce qui complique bien nos projets. Nous le savions depuis le mois de février, mais, celle qui nous intéresse devait rouvrir en mai et finalement, ce sera en septembre. Evidemment, les 3 semaines de retard sur notre départ, à cause de mes problèmes ophtalmos et les 15 jours de plus que prévu pour l’obtention de notre visa nous pénalisent. En effet, il faut bien imaginer que la seule frontière possible pour notre retour entre la Géorgie et la Russie est souvent fermée à cause de la neige, et nous ne pouvons pas raisonnablement penser rentrer après début octobre !!! Notre parcours se réduit comme peau de chagrin. Plusieurs choix se posent. Faire notre circuit à fond en shuntant pas mal de choses, dont le désert du Manghistau , la route de la Pamir…qui nous tiennent à cœur, soit profiter des pays en STAN et programmer la Mongolie pour un autre voyage dans un autre contexte, soit tenter la Mongolie , et oublier les pays en STAN. Voilà, où nous en sommes aujourd’hui. Il est vrai que nous avons tendance à voyager en prenant notre temps et essayons de nous adapter au mieux aux aléas du voyage, même si peut-être de ne pas atteindre notre but est douloureux. Il faut bien avouer que la difficulté pour obtenir ce visa nous a bien refroidis et remet en question bien des choses.
Alors que nous prenons un café dans une station service, nous sommes abordés par Dixie, une charmante allemande d’âge mûr qui voyage seule avec son chien. Son projet de voyage est plutôt semblable au notre. Nous lui apprenons, le problème des frontières entre le Kasakhstan et l’Ousbekistan qui affecte aussi ses projets. Nous discutons assez longtemps ensemble et nous nous promettons à la fin, de rester en contact. Ce fut un agréable moment.
Nous reprenons la route toujours avec cette steppe à l’infini constellée de quelques troupeaux de chameaux et de chevaux sauvages. Un peu d’animation visuelle…. Des champs pétrolifères avec ces gros oiseaux d’aciers qui semblent picorer des graines invisibles d’un rythme lancinant.
Nous avons la ferme intention d’aller faire trempette dans la mer Caspienne aujourd’hui. Nous tournons au village le plus proche de la mer. Nous voilà au niveau de ce qui devait être le bord de mer et…..rien. Une étendue plate à l’infini, sableuse, avec une végétation rase. Nous avançons tout droit pendant les kilomètres, croisant quelques chameaux, et d’après le GPS, nous roulons dans la mer. Au bout d’une quinzaine de kilomètres, après avoir traversé une sorte de lagune asséchée mais encore bien boueuse et assez traitre, nous l’apercevons au loin. Nous arrivons enfin à nous rapprocher mais pas trop près car le sol est vraiment mou. Nous sommes face à un ensemble de barques de pêcheurs dans un paysage d’une mélancolie à vous mettre le cafard. Finalement pas trop envie de faire trempette. Ce sera demi-tour pour nous poser au milieu de nulle part, comme nous aimons, avec l’étonnement et la tristesse de se dire que nous sommes là dans ce qui devrait être une étendue d’eau salée. A force, que va devenir notre bonne vieille terre ???