Ewan n’a pas dormi de la nuit malgré les médicaments. Impossible de dormir couché, il a fait sa nuit sur le siège avant, tant sa céphalée était intense.

Nous repartons en direction de la ville de Mourgab. Totalement isolée au milieu d’un immense plateau, il est facile de ressentir comme les habitants vivent dans des conditions extrêmes. C’est une ville aux maisons en torchis dans laquelle, de vieux containers sont transformés en stands de marché. Nous y ferons quelques petites courses pour compléter nos provisions.

A une trentaine de kilomètres, nous nous arrêtons au bord de la rivière qui serpente paresseusement. Nous avons besoin d’eau. Et ce sera une pause bienvenue, non seulement pour remplir les réservoirs d’eau, mais pour se laver (un bon moment de rigolade pour les garçons) et pour que chacun fasse sa petite lessive.

 Nous voilà repartis à l’assaut du col de Ak Baytal à 4 655 mètres d’altitude, le plus haut de la route du Pamir. Le paysage est toujours aussi époustouflant. Nous frôlons vraiment la frontière chinoise à une quinzaine de mètres près. La Bach’Mobile hoquète mais monte courageusement. Le traitement que nous avons pris Ewan et moi, nous permet de bien supporter l’ascension. Nous avons même quelques flocons qui nous accueillent au sommet.

Nous redescendons assez vite à une altitude de 3 800 mètres et arrivons devant le magnifique lac de Karagul, un joyau bleu saphir majestueusement dominé par les sommets enneigés avec, au fond, fièrement dressé du haut de ses 7 134 mètres, le Pic Lenine. Impossible de résister à l’envie de passer la nuit là, face à ce paysage incroyable. Nous en profiterons jusqu’à la tombée de la nuit. Il fait toujours aussi froid, le ciel est d’une pureté qui fait vibrer les étoiles comme si elles palpitaient de vie.