Nous avons bien dormi, à partir du moment où le chien du voisin a bien voulu s’arrêter d’aboyer. Nos lits étaient vraiment confortables.
Nous voilà repartis en direction d’Omalo en Touchétie, un village perdu au fond d’une plaine caucasienne à seulement 5 kilomètres de la frontière russe. Pourquoi ??? Pour aller voir la forteresse de Kesselo, construite au XIIIième siècle, afin de protéger la population des invasions mongoles. Pour y accéder, il n’y a qu’une route, ouverte quelques mois par an à cause de la neige.
Au bout d’une trentaine de kilomètres, la route se transforme en piste en entrant dans une vallée ou plutôt une sorte de gorge oppressante, aux parois tapissées d’arbres, sillonnées de nombreuses cascades qui rejoignent un torrent rageur. La piste devient étroite où croiser un véhicule ne doit rien devoir au hasard, mais où il faut sans cesse anticiper l’endroit où l’on pourra se garer pour laisser passer l’autre. Soudain, elle est bloquée par deux engins de chantier. Le conducteur d’un 4X4 de tourisme, nous explique qu’il va falloir attendre une demi-heure, car la falaise s’est effondrée et qu’ils sont entrain de la purger et de dégager l’endroit !!
La piste devient de plus en plus scabreuse, plus de grands dialogues dans la voiture, juste quelques mots échangés. Les épingles à cheveux se prennent en plusieurs fois et évidemment plus on monte, plus c’est vertigineux. Et il y a 50 kilomètres à faire!!! Les arbres se font de plus en plus rares et laissent place à une végétation rase, qui ne laisse aucun doute, quant au fait que la moindre erreur de conduite ne nous laissera aucune chance. De plus, il faut compter avec les nombreux troupeaux de vaches ou de chevaux en transhumance que nous doublons avec précaution.
Les névés se font de plus en plus nombreux. Nous arrivons au col d’Abano à 2 900 mètres d’altitude. Une pause bien méritée pour Denis et nous en profitons pour visiter la petite chapelle et chacun met sa petite bougie……. La hauteur des névés qui enserrent la piste est incroyable.
La descente sur la vallée s’ouvre petit à petit sur des paysages moins austères, avec des pâturages parsemés de quelques maisons, voire de petits villages accessibles que par chemins
Et enfin, nous arrivons sur un plateau incroyablement beau, avec des chevaux qui s’ébattent en liberté dans des prés tapissés de myosotis, ses sommets enneigés qui nous toisent de toute leur puissance. Nous apercevons au loin les tours de la forteresse. Nous sommes estomaqués par tant de beauté. Omalo est un village scindé en deux et nous sommes dans la partie basse. Denis peut enfin se détendre et nous aussi , il faut bien l’avouer !!. Nous allons nous balader dans le village, où tout est fermé. La saison touristique ne fait que balbutier.
Nous trouvons une guesthouse qui, normalement, n’ouvre que le lendemain. Mais les propriétaires acceptent de nous recevoir. Ce sera la gamme au-dessus de celle de Telavi au niveau confort, mais nous dormirons tous dans la même chambre, comme en colo! Ils nous demandent si nous voulons diner, pourquoi pas ??? Comme ce n’était pas prévu pour eux, ils nous proposent d’aller nous balader pendant une heure, afin qu’ils puissent préparer notre chambre et le repas. Ce qui nous va bien, car nous avons tous envie de nous dégourdir les jambes. Et pourquoi ne pas aller voir la forteresse que nous apercevons au loin. Bon, au bout d’un bon moment de grimpette, il est évident que n’arriverons pas jusqu’à notre but. Tant pis, ce sera pour demain, mais cette balade, nous a vraiment fait du bien. Une bonne douche et un repas pantagruélique nous attendent.