Tout le monde est debout à 6h15.

Nous avons un problème électrique. Nous ne pouvons plus recharger nos téléphones, et le convertisseur ne fonctionne plus non plus, donc pas moyen de charger l’ordinateur !!

Et c’est parti, pour Denis pour démonter et essayer de trouver la panne. Pendant ce temps, pour Ewan et moi, ce sera préparation d’un taboulé, vaisselle, ménage, rangement. Nous sommes distraits par l’arrivée d’un troupeau d’ânes, dont un seul, veut bien se laisser approcher, et qui semble bien apprécier les caresses.

Finalement le convertisseur est OK, mais la prise pour charger les portables et autres est HS. Heureusement, nous avons une solution de secours.

Finalement, nous partirons à….10 heures !!!

Pas de répit au niveau de la piste. C’est terrible. Ewan, me propose plusieurs fois de changer de place, mais je refuse, pas question qu’il se ruine le dos. Et certains savent, combien, parfois, je peux être têtue !!! J’ai pourtant fait de nombreux kilomètres à l’arrière de la Bach’Mobile, mais c’est la première fois, qu’il faut que je prenne ibuprofène et paracétamol, pour tenir le coup au niveau du dos dont je ne souffre pas habituellement. Le pire, c’est que le paysage, qui pourrait se révéler magnifique, dégage une tristesse infinie, entre la rivière boueuse, ces gorges abruptes et toujours cette impression de brume qui voile ce monde comme pour nous empêcher d’accéder à sa beauté tout en nous la suggérant. Cependant, au fur et à mesure que la journée avance le voile se lève petit à petit, comme pour nous récompenser d'avoir poursuivi notre chemin.

Et dans l’après-midi, il nous arrive une sacrée tuile, que je n’ai pas vue pendant 40 kilomètres!!! Nous avons perdu la roue de secours et tout le système d’attache. J’étais allongée pour soulager mon dos, tout d’un coup Ewan demande à son père quel est ce bruit fugace, Denis pense à un problème de suspension, mais très vite se rassure, et nous continuons la piste. Pendant 40 kilomètres, je n’ai pas réalisé qu’il n’y avait plus la roue. Il a fallu que je descende de la voiture pour faire des courses dans un village pour m’en apercevoir. Bien sûr demi-tour. Nous savons exactement, où elle est tombée grâce à la dashcam. Mais évidemment quelqu’un l’a récupérée. Inutile de vous dire comme je m’en veux, je suis rongée par la culpabilité. Comment est-ce possible ??? je ne comprends pas. C’est horrible de porter le poids de son incompétence et surtout d’être responsable de le probable échec du séjour d’Ewan. Car que faire ??? Il est qu'à sûr que dans le village où nous sommes, pas de marchand de pneus. Donc il va falloir prendre le risque, soit d’aller à Khorog à 300 kilomètres, ou retourner à Douchanbé.

Denis et Ewan ont la bienveillance de ne pas m’accabler des reproches que je mérite. Ils essayent même d’atténuer ma responsabilité avec humour et douceur. Mais, je ne suis pas dupe, et je sais le poids qui m’incombe.

Il fait nuit et nous finirons par bivouaquer au bord de la route asphaltée, avec en face de nous, l’Afghanistan.