Destination du jour, Turkestan, la ville sainte du Kazaksthan. Nous en sommes à 150 kms environ. Le paysage change. Nous longeons le Syr-Daria de loin, un des deux fleuves qui alimente la mer d’Aral. C’est un paysage de cultures avec des canaux d’irrigations construits sous l’aire soviétique. Ce sont ceux-là même qui ont contribué à l’assèchement de ce lac, car la mer d’Aral est effectivement un lac, qui fut autrefois, la quatrième plus vaste étendue lacustre du monde.

Nous avons repéré des magasins de pièces pour camions, en vue de rechercher un climatiseur de stationnement. La mission semble compliquée, voire impossible ici, malgré la taille de la ville. Nous essayerons à Tachkent. A 14 heures, il fait 52,9°. Nous rendons les armes. Nous nous installons de suite dans un très bel hôtel 4 étoiles, dans un quartier très chic. A 31 euros la nuit, petits déjeuners compris, nous n’allons pas nous priver. Il est vrai que le niveau de vie au Kazakhstan, (le diesel à 50 centimes, et oui, vous ne rêvez pas),  nous permet de profiter d’un peu de luxe qui compense les conditions éprouvantes de ce voyage.

18 h30, nous remettons le nez dehors. Il fait encore très chaud, mais nous avons un peu récupéré. Déjà, en arrivant dans cette ville, l’architecture des bâtiments, nous a immédiatement transportés dans ce que nous attendions de cette région du monde. En effet, jusque là, nous restions un peu sur notre faim. Là ça y est, nous nous sentons vraiment en Asie Centrale. Notre hôtel se trouve à deux pas d’un complexe commercial et culturel, appelé Karavan Saray. Une impression de décor de cinéma, mais que c’est agréable de s’y promener, après tous ces jours dans le désert. Ce complexe est conçu comme un caravansérail, où les caravaniers de la route de la soie, pouvaient se reposer, se détendre, échanger avec des personnes de toutes origines, et surtout faire des affaires. Le soir, nous assistons à un magnifique spectacle de jets d’eau qui semble raconter l’histoire du Kazakhstan glorieux, teintée de bagarres et de romantisme. Un moment, hors du temps, qui nous absorbe dans un autre monde, nous, étrangers, au milieu d’un peuple fier de son histoire et de son pays, surtout au moment où se dévoile, dans un spectre d’eau, le drapeau de la nation.