Cette journée va être consacrée à la visite des incontournables monuments de la ville. Notre hôtel est parfaitement bien placé, car nous pouvons tout faire à pieds. Nous sommes bien conscients que ce ne sera pas facile, car la chaleur est toujours présente,  bien qu’un peu moindre. Seulement 41° prévus aujourd’hui !!

Après une marche de deux kilomètres dans un quartier aux magnifiques bâtiments, nous apercevons les dômes bleus du Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, maitre soufi du XIIe siècle. Lieu de pèlerinage incontournable pour les musulmans (il parait que cinq pèlerinages à ce mausolée équivalent à un pèlerinage à La Mecque).Il fut construit entre 1389 et 1405, sur l’ordre de Timour (Tamerlan), en remplacement du petit mausolée initial du XIIe siècle.

Un petit aparté sur Tamerlan. D’origine Mongolo-Turc, né en 1370, il devint un des plus grands chefs et tacticiens militaires de l’histoire, n’ayant jamais été vaincu, considéré surtout comme l’un des plus brutaux et meurtriers. Se désignant, lui-même comme « l’épée de l’Islam », il devint le dirigeant le plus puissant du monde musulman et fonde l’empire timouride. Il meurt à 35 ans en 1405.

Pour en revenir au mausolée, la mort de Tamerlan impliqua que celui-ci ne fut jamais terminé, et que  la façade principale reste inachevée, avec encore les restes des échafaudages !! Traversant des jardins minutieusement entretenus, nous visitons tout d’abord le petit mausolée de l’arrière petite fille de Tarmerlan, avec ses murs ocres et son dôme en mosaïques bleues. Ce n’est qu’une simple salle où sont exposées différentes pierres tombales, dont celle pour qui fut construit ce tombeau, la bégum Rabigha-Sultan.

Puis, nous voilà face au joyau de cette ville. Nous contemplons la grandiose façade, impressionnante de par sa dimension. Bien sûr, son côté pierres brutes et ses poutres de bois qui sortent des murs nous laissent un peu sur notre faim,  mais quelques pas sur les côtés et nous voilà sous le charme de ces murs aux dessins géométriques et ses frises ornée de calligraphies arabes. Et lorsque que nous arrivons sur la façade arrière, c’est à vous couper le souffle. Pourquoi, deux dômes ??? Le plus grand, 18 mètres de diamètre, le plus imposant d’Asie Centrale, coiffe la pièce principale du mausolée qui abrite le Tay Kazan, un grand chaudron fait de sept métaux et pesant deux tonnes offert par Tamerlan. Il était rempli d’eau sacrée, pour la distribuer aux fidèles après la prière du vendredi. Le deuxième dôme, plus petit, mais plus richement décoré abrite la salle du tombeau de Khoja Ahmad Yasawi. En entrant dans la mosquée, nous sommes frappés par la sobriété des lieux. Pas de photos bien sûr. Nous apercevrons le fameux tombeau derrière une grille, mais nous nous mettrons vite en retrait, car une prière commence, surement pour honorer le saint homme. La pièce principale reste inaccessible car en cours de rénovation, mais nous y apercevrons le fameux tay-kasan. La ferveur des lieux est telle, que notre présence semble presque incongrue. Nous ressortons assez vite et assis sur un banc, à l’ombre, nous ne pouvons qu’apprécier la chance d’être là, devant cette merveilleuse architecturale médiévale.

Nous continuons notre découverte du site par la mosquée semi-souterraine de Hilvet, dans laquelle se retira Khoja Ahmad Yasawi à  l’âge de 63 ans et jusqu’à la fin de sa vie. La raison en est, qu’il ne voulait pas voir le soleil plus longtemps que le prophète Mahomet, qui selon la tradition vécut jusqu’à cet âge-là. Aujourd’hui, elle est devenue un musée consacré au soufisme. La pièce principale est soutenue par de magnifiques poteaux de bois sculptés. Une petite salle était consacrée aux ablutions et une autre servait de cuisine. La pièce dans laquelle s’était volontairement enfermé le saint homme pour prier et écrire n’est pas accessible. Nous pouvons d’ailleurs voir un tableau, où il est représenté assis dans une pièce sombre entrain de prier.

C’est bien beau de parler de soufisme, mais il serait aussi bien d’en avoir quelques notions. Le soufisme est la partie mystique et ésotérique de l’Islam. Il est pratiqué par le biais d’une initiation au sein d’une tariqa ou confrérie. Contrairement à ceux qui approche Dieu intellectuellement, par la connaissance du Coran, les soufis approche dieu, par le cœur en pratiquant le jeune, le silence et la méditation, ainsi que des pratiques variées comme la danse (les derviches tourneurs),les invocations qui aide à obtenir un état spirituel élevé. Les musulmans radicaux considèrent les pratiques soufies comme hérétiques.

Nous finirons notre journée de visite par le petit musée d’histoire, installé dans une ancienne caserne. Nous y découvrirons une porte en bois finement ciselée,  des objets trouvés dans le mausolée initial, de magnifiques lampes offertes par Tamerlan….

Nous rentrons en flanant à l’hôtel, profiter de la fraicheur de notre chambre, avant de retourner nous balader et découvrir un petit restaurant où je choisirais LE menu typique kasak : le plov accompagné de koumis. Le plov est un plat de riz aux épices douces, avec des oignons, un peu de carottes et un peu de viande de mouton ou de bœuf. J’ai eu de la chance, c’était du bœuf !!! Et le koumis, alors là c’est une expérience gustative, hors du commun. C’est du lait de jument ou parfois de chamelle, fermenté. Ca tombe bien, j’aime plutôt bien tout ce qui est lait fermenté. Mais là, j’avoue que je n’ai jamais goûté une boisson aussi horrible. Déjà l’odeur vous agresse le nez, mais le goût……si je pouvais associer ce goût à une effluve, je dirais……le vieux cuir d’une selle de cheval avec l’odeur ammoniaquée de son urine. Pour une des rare fois dans ma vie, je n’ai vraiment pas pu boire mon verre !!! Et le plus dur, c’est que ce goût reste très longtemps en bouche !!

Ca c’est fait, il aurait quand même été dommage de ne pas essayer !!!