La nuit avec les routiers qui arrivent et repartent, les chiens qui aboient, n’a pas été la plus reposante. Oups, impossible de démarrer….plus de batterie, heureusement que Denis a installé un système qui permet de se relayer sur les batteries annexes. Finalement, c’est une cosse qui s’est un peu desserré avec les vibrations. Mais cette batterie est la plus ancienne et Denis est dans le doute !!!
La décision est prise, ce sera…..la traversée de la Tchétchènie, avec un peu d’appréhension, mais sans plus. Bien sûr, hier au soir, nous avons étudié, la situation, mais entre l’histoire de cette partie de la Russie, la réputation des tchéchènes et les témoignages de personnes qui y sont allées sans problème, nous avons tranché. C’est vrai que rien que ce nom fait un peu peur.
Voilà en quelques mots, ce qui a rendu cette partie de la Russie « célèbre » : les guerres entre Tchétchènes et Russes. En effet, après l’effondrement de l’Union Soviétique, la Tchétchénie a refusé d’intégrer la Fédération de Russie, ce qui a mené à une première guerre entre 1994 et 1996 sous la présidence de Boris Eltsine, qui a conduit à une victoire tchéchène. Cependant, la Russie pas tout à fait d’accord, et après quelques attentats à Moscou, Vladimir Poutine, président intérimaire après la démission de Boris Eltsine, lance une opération anti-terroriste qui sera finalement la deuxième guerre de Tchétchénie entre 1999 et 2009. A la suite de la ratification du parlement tchétchène à la Russie, cette dernière reconstruit la Tchétchènie. L’actuel président Ramzan Kadirov a obtenu une certaine autonomie à l’égard de la Fédération de Russie et impose un islam relativement radical. Il faut dire que la majorité des tchétchènes sont musulmans et nous ne pouvons pas ne pas le remarquer. Toutes les femmes sont voilées, les hommes portent une barbe longue, il y a vraiment de nombreuses mosquées le long de la route. Les hommes étrangers ne doivent pas porter de short dans la rue, et les femmes doivent avoir les bras et les jambes couvertes.
La traversée de la Tchétchènie, nous a agréablement surpris. Nous nous attendions avoir encore beaucoup de stigmates de la guerre, mais pas du tout. Tout est plutôt coquet avec ses maisons en briques, rien ne traîne. C’est sûrement l’endroit de notre voyage le plus clean. Lors de nos pauses, les gens se sont montrés vraiment agréables et surtout étonnés de nous voir. Denis s’est arrêté dans un magasin de pièces auto, pour éventuellement acheter une nouvelle batterie, il ne l’a pas trouvé, et la personne lui propose de chercher à Vladiskavkaz où nous devons de toutes façons passer et de lui envoyer l’adresse au cas où. Alors que nous roulons, Denis reçoit un message du magasin où la personne qui l’avait reçu s’excusait de ne pas lui avoir offert le café et lui proposait de revenir, s’il était encore dans le coin !!
Nous voilà arrivés à Vladiskavkaz, et le même problème qu’à Astrakan, plus de Gps, plus de téléphone. Nous arrivons à trouver un endroit pour bivouaquer dans un endroit tranquille près de la rivière. Il est encore tôt et nous avons envie d’aller au Marché Central. Nous arrivons à le trouver et nous nous baladons, nous régalons d’un bon jus de grenade frais au milieu de la population locale. Pas beaucoup de touristes ici !!!
Seulement voilà, il fait nuit, et nous n’arrivons pas à nous repérer pour retrouver notre bivouac, dans le lacis de rues en sens unique. Nous avons pourtant retrouvé la rivière. Mais non, nous n’y arrivons pas !!! Nous tournons pendant 2 heures et de guerre lasse, nous retrouvons la plus grande avenue et la suivons en espérant la prendre dans le bons sens en direction de la frontière toute proche. Et nous avons de la chance. Donc nous voilà sur la route, de nuit, et au bout d’une quinzaine de kilomètres, nous retrouvons l’usage du GPS et de nos téléphones. Ce sera donc, encore un bivouac dans une station service et non au bord de la rivière comme prévu.