Une nuit très calme. Nous apprécions la tranquillité du coin. Ce matin, c’est baignade. Nous nous sommes quand même renseignés avant, vu l’alcalinité de l’eau. Partout, il est écrit qu’il faut vraiment s’y baigner !! Ce qui nous pose un peu question, c’est que nous n’avons pas vu qui que ce soit dans l’eau, malgré les quelques plages que nous avons croisées, et surtout quand on sait que l’eau de javel domestique a un PH entre 12 et 13 et que le lac à 10, on hésite un peu !!!

Mais bon, on tente. Depuis notre bivouac, c’est une petite plage de rêve, avec ses galets blancs et son eau bleu lagon, sur le bord. Mais lorsque nous y arrivons, il y a pas mal de détritus, ça calme un peu. Je vais devenir phobique des lingettes !!!Allez, à l’eau !!! Elle est vraiment très très fraiche, ce qui finalement explique le fait que personne ne se baigne !!! Et surtout cette sensation sur la peau…lorsque l’on sort, on est tout gluant, et puis ça brûle un peu !!! Là, nous bénissons notre douche !! Je ne sais pas si c’est bon pour la peau, mais, tout cas, ça décape !!

Baignade dans le lac de Van, c’est fait !!! Nous repartons en direction d’Erçis, où nous ferons les courses nécessaires, et le plein, car après nous devrions attaquer les pistes de montagne pendant plusieurs jours.

Denis a envie de viande pour faire du barbecue. Nous trouvons une boucherie avec des moutons entiers pendus dans la vitrine. Nous entrons, personne, pas de viande dans la banque réfrigérante. Le boucher arrive, fort sympathique, nous demande de quel pays nous venons, et ce que nous voulons. Nous lui expliquons que nous voulons 4 côtelettes d’agneau. Nous repartirons avec 1,2 kg de mouton après avoir bu le thé, fait des photos, et refusé poliment une invitation à aller chez lui !!!

Nous voilà enfin sur les pistes. La mission de ce soir est de tout d’abord trouver du bois. Il ne faudra pas trop trainer, car nous montons en altitude et donc, plus d’arbres du tout, déjà que là nous nous sommes, il n’y en a pas beaucoup. Denis repaire du bois qui semble sec sur le bord de la piste. Alors qu’il commence à ramasser quelques morceaux, deux bergers arrivent et je les vois repartir tous les trois et revenir avec un gros fagot. Le berger le charge dans la voiture et voilà !!

En repartant, Denis m’informe que les bergers lui avaient expliqué que les colliers à piques de leurs kangals, ces énormes chiens, n’étaient pas pour combattre les ours et les loups, comme habituellement, mais les loups et les léopards.

 Maintenant, nous voilà à la recherche d’un bivouac, que nous avons un peu de mal à trouver, car c’est très cultivé.

Installés dans un pré,  près de la piste, Denis prépare de barbecue. La nuit tombe, nous sommes à 2 500 mètres et il fait vraiment froid, donc nous mangeons dans la voiture. Alors, que l’eau chauffait sur le feu pour que je puisse faire la vaisselle, un petit camion s’arrête, les deux personnes qui sont à l’intérieur font de grands gestes, Denis va les saluer. Je le vois parlementer. Il revient avec le conducteur qui me salue, un peu bougon. Nous comprenons que nous devons partir. Peut-être étions-nous dans son champ ?? Nous tentons de lui expliquer que nous nettoyons et que, pas de problème, nous partons. Non, non, nous devons partir tout de suite. Il vide ma casserole d’eau, un peu impatient, nous fourrons à la hâte toutes nos affaires dans la voiture, il s’impatiente un peu car nous devons baisser notre toit. Il nous fait comprendre que nous devons le suivre. Un peu perplexes, nous le suivons jusqu’à sa ferme. En fait, il nous fait comprendre que nous ne devons pas dormir dans notre voiture, mais chez lui. Nous tentons de refuser, mais il semble tenir à nous inviter. Nous acceptons de venir boire le cay. Nous entrons dans la pièce principale où chauffe le poële. Il y a une jeune femme et deux jeunes enfants. Nous ne savons pas si ce sont sa femme et ses enfants, car lui n’est pas très jeune. Nous nous installons sur les coussins par terre et nous pouvons enfin commencer à discuter, grâce à google traduction. Il nous explique, qu’il élève 300 moutons, qu’il a 9 enfants, dont deux morts, et qu’ils vivent là pendant quatre mois et passent le reste de l’année à Erçis. Deux jeunes hommes entrent et nous continuons notre discussion, ce sont ces fils. La jeune femme, Almina, nous amène le çay, mais ne le partage pas avec nous. Un de ces fils, qui est beaucoup plus loquace que l’autre, nous explique que nous sommes les premiers touristes qu’ils voient dans leur village. Le patriarche, je l’appelle ainsi, car il est vraiment autoritaire et tout le monde semble filer droit, nous invite à manger. Nous lui expliquons que c’est dèjà fait, mais devant son insistance, nous ne pouvons refuser. Et nous voilà, entrain de manger notre deuxième repas du soir. C’est un ragoût de mouton, du yaourt de brebis, du riz et du pain. C’est vraiment très bon, mais nous sommes vraiment repus. Et bien sûr, Almina ne mange pas avec nous !! La discussion se poursuit et finalement, nous sommes invités, toujours avec la même insistance à dormir chez eux. Nous finissons par accepter, pour ne pas les offusquer !! Et nous voilà installés dans une chambre, sur un immense matelas par terre. Une porte donne sur l’extérieur et Almina m’explique qu’il ne faut pas sortir car il y a les chiens.

Et voilà, comment, nous nous retrouvons à dormir chez une famille de bergers !!!