Nous avons du mal à quitter notre chambre climatisée. Dès que nous mettons le nez dehors, nous savons que la journée va être très chaude.
Avant de reprendre la route, nous allons visiter le tout petit musée de la ville. Il se situe sur l’ancien port, où nous voyons encore les grues, des anciens bâtiments, le phare et quelques épaves de bateaux de pèche, fantômes du passé face à la désolation du présent. Le musée, (photos interdites) s’attache à nous faire découvrir la vie des hommes et des femmes, avant que la mer ne disparaisse, et ce, à travers des tableaux, des photos et un petit film d’une dizaine de minute, non traduit. Quelle émotion, lorsque nous visionnons ces images d’une mer prodigue qui permettait à tant de familles de vivre de la pêche. La visite continue en entrant dans une partie d’un ancien bateau de pêche accolé au bâtiment, et consacré à la découverte de la faune et flore locale ainsi qu’ à la reconstitution d’une cabine de marin.
Finalement, nous repartirons sans avoir mis les pieds dans la mer d’Aral. Nous l’avons tout simplement aperçue de loin. Nous avons pu constater combien l’homme peut jouer à l’apprenti sorcier, être capable de saccager, en une cinquantaine d’années, un écosystème prospère, et essayer à ce jour de réparer comme il le peut, les dégâts.
Après une centaine de kilomètres, clignotant à droite pour aller se baigner dans le lac de Kamystybas. La température a encore grimpé, il fait 47,1° à l’extérieur !! La seule manière de vraiment se rafraîchir durablement est de se baigner habillés !! Ce qui tombe plutôt bien pour moi, car aucunes femmes ne se baignent en maillot de bain, pas de burkinis, mais simplement avec leurs vêtements. N’oublions pas que nous sommes dans un pays musulman.
Après cette pause fraicheur, nous reprenons la route, direction Baïkonour et son cosmodrome. Pas question d’entrer simplement dans la ville et bien évidemment, sur le site de la base de lancement. En effet, cet ensemble est administré par la Russie, par le biais d’un accord bilatéral, jusqu’en 2050. C’est à Baïkonour, que furent lancés le premier satellite artificiel, Spounik 1 en 1957 et surtout la première fusée habitée qui plaça Youri Gagarine en orbite autour de la terre en 1961. Depuis la chute de l’Union Soviétique en 1991, même si Baïkonour est toujours opérationnel, la Russie possède d’autres cosmodromes sur son territoire, et ce site commence à tomber progressivement en désuétude. Bien sûr, nous faisons un petit détour de quelques kilomètres pour essayer d’apercevoir au loin les installations et immortaliser ce moment. Nous sommes loin de la facilité de Kourou, où il suffit de s’inscrire la veille pour visiter le site. Ici, il faut s’y prendre au moins deux mois à l’avance, pour avoir l’autorisation auprès des instances russes !!
Il est un peu moins difficile de rouler car le soleil commence à ce coucher. A 20 heures, il fait encore 42°. Ce sera encore hôtel cette nuit. Nous arrivons dans la petite ville de Josaly. Nous avons l’impression que c’est jour de fête, car les rues principales sont éclairées tout le long de lumières LED de couleurs changeantes. Après ce paysage désertique, désolé, écrasé de chaleur, nous voilà propulsés dans un monde coloré, enchanteur. Alors que nous sommes à la recherche de notre hôtel, nos rétines joyeusement titillées, une sirène de police nous ramène brusquement à la réalité. Pourquoi ?? Pas d’excès de vitesse, nos ceintures bouclées, en codes……. Je commence à préparer les papiers. Un jeune policier se présente par son prénom, demande le sien à Denis et s’enquiert de notre présence dans cette ville. Nous lui expliquons que nous sommes à la recherche d’un certain hôtel. Notre choix lui parait judicieux. Il nous demande si nous aimons le Kazakhstan. Réponse affirmative bien sûr, même si, il faut bien l’avouer, nous avons plutôt tendance à nous lasser de ces kilomètres de désert. Et voilà, il repart et nous nous apercevons très vite, qu’ils vont nous escorter jusqu’à l’hôtel en question !!! Ils nous ferons entrer dans la cour arrière de l’établissement, à la grande surprise de la propriétaire qui vient vers nous, un peu agacée de notre intrusion, jusqu’à ce que le policier lui explique que nous cherchons une chambre. Ils repartent en nous saluant très gentiment. Voilà une fin de journée plutôt inattendue !!!